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news des marins

Histoire de Alain Vanhoucke Zingle épisode 3

25 Mars 2015 , Rédigé par Alain VanHoucke Zingle Publié dans #Histoire

SUITE (3)... EN ESPÉRANT VOUS VOIR PENDUS A MA RUBRIQUE...

Je me suis donc présenté à l' ESNA, début juillet 1968. Fameuse promotion que celle de 1968, avec les Buyle, Michotte, Stokart, Pissoort, Dubetz et consorts. Mais cela c'est à nouveau pour la semaine prochaine...
Ayant, il y a 8 jours, avoué le hasard de ma vocation de marin, je reprend aujourd'hui ma plume pour vous parler nageoires (parole de poisson-volant); vous parler de ce choix de la vie au long cours, la vie de cet oiseau de mer, qui depuis la passerelle scrutait la ligne d'horizon, entre ciel et eau, lorsque dardent les premiers rayons... ce jour là, le premier, je découvrirai la raison de mon par(long)cours, quand un des 4 éléments devient superflu, et que l'on plonge dans l'eau, l'air et le feu. Ce sera toujours un moment privilégié, celui des premières lueurs de l'aube, pendant le quart "4 huîtres", celui qui passe le plus vite, le quart des stellaires, quand le reste de l'équipage cligne encore des yeux . Au petit matin, vivre la mer, c'est découvrir les couleurs, je plains décidément ceux qui ont préféré la cité... la cécité.
A bien y penser, choisir LE métier c'est comme entrer en religion, la seule tolérante, la seule taule-errante, qui ne rejette personne si elle ne les garde pas tous. Aristote, qui savait reconnaître la vraie chevalerie, l'avait bien compris: "Il y a les Vivants, les Morts, et Ceux qui vont sur la Mer". Et s'il est vrai comme prétend Hubert Reeves que l'homme est de la poussière d'étoile, je prie Neptune pour que cette poussière soit d' étoile de mer.
Notre religion est celle des solitaires: tous les marins se prénomment Bernard, L'(h)ermite, ils trouvent leur coquille chez ces filles de Brel, dame-jeannes qui depuis longtemps ne sont "plus-celles" d'Orléans et se con-sument (-somment) lentement.
L'homme provient dit-on de la mer; sans doute d'un crabe aveugle que la marée haute avait oublié sur le rivage et qui a perdu le nord ; la première boussole, déjà chinoise, n' apparut que longtemps plus tard... L'homme, ce terrien, cet hybride, cet amphibie qui a tourné le dos à l'Océan... Choisir la mer c'est réparer ce péché originel, une opération de déséchouage en quelque sorte. C'est retourner à l'état de phoque, pas le pédé, l'autre, le "veau de mer" ; le marin est le "faux de terre". Ils ont cela en commun de préférer l'eau à la terre ferme, quitte à y accoster, régulièrement.
Poussant le raisonnement jusqu'à l'absurde: le seul vrai marin serait alors celui qui choisit de périr en mer? Je ne nous souhaite pas un tel sort, ayant toujours préféré les dauphins qui flirtent avec l'écume des vagues aux poissons de fond, nettoyeurs d'aquarium. Que nos cendres y reposent sera bien suffisant.
Ayant suffisamment ramé pour aujourd'hui, Je m'en voudrais de quitter cet exercice de canotage hebdomadaire ("haal op gelijk") par une question existentielle: l'abandon de l'emploi du sextant (sexe-tend, cet instrument à connotation machiste) sur les navires a pratiquement coïncidé avec l'arrivée des femmes-marins, ces sirènes des temps modernes. Y aurait-il là un rapport de cause à effet? Le débat est ouvert.
Pour terminer et pour rappel: je me suis donc présenté à l' Ecole Supérieure de Navigation d'Anvers début juillet 1968. Fameuse promotion que celle de 1968, avec les Buyle, Michotte, Stokart, Pissoort, Dubetz et consorts. Mais cela c'est pour la semaine prochaine...

Histoire de Alain Vanhoucke Zingle épisode 3

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