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news des marins

Histoire de Alain VanHoucke Zingle épisode 9

25 Mars 2015 , Rédigé par Alain VanHoucke Zingle Publié dans #Histoire

SUITE 9 (NEUF)...

Neuf... c'est vite dit...46 ans tout de même depuis le navire-école.... c'est pas "retour vers le Futur" non plus...

Le voyage sur le Montalto a eu une fin... Et puis ce furent les vacances, entre 1ère et 2ème année et la grande rentrée dans la grande école de navigation d'Anvers, encore un internat à cette époque...

Faut dire que les internats et moi, c'est Dupont et Dupond... je suis entré pour la première fois dans un internat en 1956... j'y serai resté sans interruption jusqu'en 1971. 15 ans d'emprisonnement, sans jugement, plaidoirie ni condamnation, et aujourd'hui encore je plaide non-coupable... alors venez pas vous plaindre, les mis-en-accusation préventifs qui purgez quelques jours en taule... j'ai eu aussi ma part.

Les externes se faisaient bien rares à l'ESNA en ce temps. C'était un peu la vie de caserne. Après avoir roulé notre bosse sur le navire école et avoir appris la semi-liberté, on nous renvoyait derrière des barreaux.

Nos gardiens: des profs, marins qui avaient mal tourné; ce qui m'arrivera par la suite, je le reconnais volontiers.

Et puis des pions et leur chef, le capitaine Van Brabant, "Branlette" pour les francophones, "De Schudder" pour les flamands, surnom dû à un début de Parkinson. Son plaisir étant d'emmerder son petit monde. Les pions s'appelaient "S:S", "Double Scalp", "Portatif" ou "Tintin", un brave celui-là...

Le dirlo: notre fameux Westerlinck, l'homme à la Jaguar, le dernier Sphinx, qui officiait également comme prof de construction navale et nous enseignait les "rivets".

De bons souvenirs aussi, comme Pierre Biltjes, un officier de marine qui avait dû écourter sa carrière suite à une polio, qui habitait dans l'école même, qui venait passer ses soirées à jouer aux échecs avec les étudiants, qui considérait son job de prof comme une mission sacrée.... bref: un tout bon.

A ses côtés, des vedettes:

- Westerlinck, déjà cité, directeur et professeur, qui s'y croyait un peu mais finalement pas un mauvais gars. Il me sauvera d'ailleurs de l'exclusion de l'ESNA en 1971, réclamée par d'autres.

- Van Cleemput, notre prof de Navigation et Calculs Nautiques, un Savant (c'est lui-même qui le disait, lorsque pendant son cours il nous avouait "d'autres savants que moi se sont posés la question..."), qui nous parlait aussi de sphères sphériques, et ne connaissait d'un problème que l'hypothèse et la conclusion, la démonstration laissant bien souvent à désirer, si pas totalement absente.

- Smet, qui deviendra directeur par la suite, qui nous enseignait la Stabilité. Ancien commandant, ancien pilote, ancien prof, ancien directeur, pas mauvais gars, admiratif de la marine militaire je crois.

- Ritzky, un ingénieur qui enseignait le cours de Machine, et qui à ce jour reste le seul non navigant à être devenu directeur de l'Ecole, après Smet.

- notre prof de Néerlandais, De Coninck, qui criait plus qu'il ne parlait tout en se cachant derrière sa mallette... une impression de se retrouver dans la tempête, ... alors, comme un seul homme, on s'accrochait à nos pupitre, cravates dans le dos, bravant l'ouragan... fin de deuxième année, il va tous nour pèter.

- Bernaers, tout jeune prof de math, un civil celui-là, qui ne connaissait ni l'eau de mer ni la saveur du large.

- les autres n'ont pas dû me laisser un souvenir impérissable.

Ce dont je me rappelle en cette deuxième année:

- nos soirées dans la salle de matelotage, à gratter les guitares et frapper la batterie sur des morceaux des Beatles et de Creedence Clearwater Revival , ... les musiciens : Karel Genbrugge, guitare solo, pour commencer par le plus talentueux, Ronald Puystiens au chant, Eddy Titeca, Aimé Dierinckx au saxo, Peirs à la batterie, et votre serviteur à la guitare;

- nos soirées du jeudi, place du Stadswaag, au Nieuwe Moriaan, ou nous avons joué quelques fois avec notre "Band"... Les "JEEKS". Ce que l'on appelait T-dansant à l'époque.

- nos ballades le long de l'étang du Noordkasteel, qui avait encore sa plage avec café attenant, où il faisait bon réviser ses cours pendant les périodes de bloque tout en zieutant les anversoises qui se faisaient bronzer.

La troisième année d'Anvers ne sera pas plus "bandante"... Si ce n'est vers la fin, et aussi une anecdote, dont je ne fus ni témoin ni acteur, mais qui vaut son pesant de cacahuètes et que je vais vous raconter la semaine prochaine.

Entre la 2ème et la 3ème année, pendant les vacances d'été, je suis parti sur un navire de Fina, comme cadet: Le Reine Fabiola. Avec un autre cadet de ma prom, Jean-François Stokart. Le Commandant: Eugène Colson, dit "Eugène la mitraillette", qui se proclamait "Sauveur du port d'Anvers en 1944", chef d'un réseau de la résistance, qui me fera douter de la santé mentale des marins en général et en commandant... qui me fera hésiter quant à la justesse de mon choix de carrière... bref: des fous on en rencontre partout, c'est pas une raison pour se sauver comme un con.

COLSON EUGÈNE...

Il lui arrivait de monter à la passerelle en grand uniforme, en plein océan, à empoigner les jumelles et à scruter l'horizon: à la recherche du périscope d'un U-Boot égaré?

Le lendemain, il remontait à la passerelle en maillot de bain, paréo noué autour de la taille,nous engueulait parce que nous étions en uniforme kaki et nous envoyait nous baigner dans la piscine pendant que lui reprenait le quart...

Un jour, il va m'engueuler pour je ne sais quelle raison et m'exclure du mess officier... je prendrai dorénavant mes repas chez les matelots, indigne de cotoyer les gradés...

Lors des séjours en port, il supprimait les avances de l'équipage, les obligeant à épargner leur argent . Un matelot ayant demandé une avance, Colson lui en a demandé la raison: il devait s'acheter des chaussures, les siennes ayant rendu l'âme. Colson réussit à en dénicher une vieille paire à bord qui lui allait plus ou moins et supprima l'avance...

Pour un premier commandant, j'avais déniché la perle rare... quand plus tard, à la fin de ma 3ème, Fina me demandera de rejoindre leurs rangs, je ferai la sourde oreille et préférerai la CMB. D'ailleurs entre des pétroliers et des general-cargos, le choix était vite fait.

A la semaine prochaine et bon week-end, Marins du Net.

Photo 1: Pierre Pissoort, alain Van Houcke et le 4ème lieutenant, Roland Hastir.
Photo 2: local de classe du Montalto, Robert Buyle et Stokart JF de dos, le prof: Simonis, COR.
Photo 3: Gicard et Pissoort sur une plage d'Afrique.
Photo 4: Van Houcke et Hastir Roland.
Photo 5: Canotage, Billon et consorts.
Photo 6 et 7: Cadets au travail dans le canot de sauvetage.
Photo 8: Ramassis de cadets
Photo 9: Matelot dans le mât sur le navire-école.
Photo 10: dans le mess des cadets

Histoire de Alain VanHoucke Zingle épisode 9
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