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news des marins

Honneur aux stewardesses belges

18 Mai 2015 , Rédigé par Alain VanHoucke Zingle Publié dans #Histoire

HONNEUR AUX STEWARDESSES BELGES:

On dit qu'elles sont apparues sur les navires belges dans les années 70... à voir!!!

Le 10 février 1945, le s/s Persier , un turbinier belge de 5800 tonneaux, sous le commandement du commandant Mathieu,se joint à un convoi de 12 navires.

A son bord, 63 membres d'équipage...dont 4 femmes: Louisa De Rooy, Emma De Coninck et Maria Rogiers, toutes trois stewardesses et aussi une infirmière,Louise Vanderhaegen.

L'histoire du torpillage du Persier est mouvementée: le navire quitte Cardiff pour Anvers qui était déjà aux mains des alliés. De nombreux marins belges qui ont navigué pendant la guerre et résident en Angleterre désirent maintenant rentrer en Belgique libérée.

Le 11 février vers 17h00 le navire est torpillé à hauteur de Eddystone Lighthouse. Le temps est à la tempête...la salle des machines se remplit rapidement d'eau et la machine est stoppée.
L'équipage se masse sur le pont des canots que l'on commence à affaler, mais à ce moment les turbines redémarrent, et il est impossible de les stopper à cause de l'eau qui envahit la salle des machines... .

On commence par déborder le canot 1, difficilement avec ce navire qui a de l'erre, le canot se cabre sur une vague et tous les occupants (12 personnes) sont projetés à l'eau.

Quant au canot 2, il a été réduit en miettes lors de l'explosion de la torpille.

On arrive finalement à stopper les turbines grâce à un mécanisme: le "Mc Nicoll Regulation Emergency Valve".

Le canot 3 avec 10 occupants est mis à l'eau mais en oubliant le bouchon de nable... il se remplit d'eau mais continue à flotter.

Dans le canot 4, rempli aux 3 quarts d'eau lors de l'explosion, prennent place 25 personnes. Le canot est surchargé, les marins chargés de le mettre à l'eau n'arrivent pas à le contrôler et le canot est projeté contre la coque: 14 occupants tombent à l'eau.

9 autres personnes de l'équipage embarquent dans un radeau.

Les occupants des canots, ou du moins ceux qui ont pu se maintenir à leur bord, seront l'un après l'autre récupérés par des navires de la British Navy.

Reste 7 personnes qui sont restées sur le navire, dont le commandant.

Le s/s Birker Force n'ose pas s'approcher car la houle est très grosse.
Et c'est alors que l'incroyable se produit: la machine se remet en route...heureusement, le matelot Van Cleemput, qui a navigué comme assistant mécanicien, se précipite dans la salle des machines et parvient à couper l'arrivée d'air comprimé, et la machine stoppe définitivement.

Le 1er officier, Lardinoy, décide alors de se jeter à l'eau et de nager jusqu'au Birker Force. Il parvient à rejoindre un canot mis à l'eau par le navire anglais.

Sur le Persier qui coule, les derniers occupants entendent les rivets qui explosent sous la pression de l'eau ... le navire anglais remet de nouveau un canot à l'eau qu'il tient en remorque et approche du Persier.
Les derniers marins réussissent à descendre à son bord et sont finalement hissés sur le navire anglais.

Quant au Persier, il finira par couler, sans que personne ne connaisse exactement l'endroit ni l'heure... Son épave sera seulement découverte en 1969.

"She was a ship which died in the night, and nobody saw her going..."

Des 63 membres de l'équipage, 20 sont morts lors du torpillage, dont l'infirmière, dont le corps ne fut jamais retrouvé, et une des 3 stewardesses, Maria Rogiers.

Photos:
1. Louisa De Rooy
2. s/s Persier
3. l'épave du Persier reconstituée, comme elle gît sur le fond.
4. localisation de l'épave.

Honneur aux stewardesses belges
Honneur aux stewardesses belges
Honneur aux stewardesses belges
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