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news des marins

Souvenirs de la famille Quarante à Florennes

7 Décembre 2015 , Rédigé par Alain VanHoucke Zingle Publié dans #Histoire

Suite Quarante.

En souvenir de la famille Quarante de Florennes et de leur café-restaurant de la Place Verte.
Les 3 filles Quarante étaient de ma génération: Martine, Cécile et Nicole... dans l'ordre de leur sortie de la chaîne de fabrication... je leur ajoute donc leur petite soeur "Suite".

Les 4 mois sur les malles Ostende-Douvres ne m'ont pas laissé de grands souvenirs: des voyages trop courts, interrompus par des séjours de 24 heures à terre, et donc la difficulté de s'y faire des connaissances, encore moins des copains. En plus, j'y étais seulement de passage, pour la saison, alors que les autres membres d'équipages étaient tous des "nommés", des fonctionnaires, quoi!, qui assuraient le minimum syndical.

Des marins fonctionnaires, cela perd tout de même beaucoup de son côté baroudeur... la plupart des gens du bord avaient privilégié la vie de famille à la navigation au long cours et les tout aussi longs mois d'absence. En fait, on aurait pu les appeler "les bourgeois de Calais", le Dover Strait se traduisant d'ailleurs par Pas de Calais... et c'est bien là que nous "naviguions" (qui, aurait dit Monsieur Henet père, professeur de français à l'école Saint Joseph de Florennes dans les années 60 à 80, n'est jamais que la forme de l'imparfait du verbe naviguer à la première personne du pluriel).

Mais à nouveau: quelle belle école que ces voyages sur les malles, à traverser à chaque fois la Manche, à couper les dispositifs de séparation du traffic... je crois que j'aurai moins manoeuvré au cours de mes 22 ans de navigation au long cours que pendant ces 4 mois sur les malles, qui faisaient suite aux 5 mois passés au cabotage, aussi un haut lieu des manoeuvres.

De septembre 1978 à septembre 1979: mon année de navigation dans la Manche et ses environs.
Mais 4 mois, cela passe bien vite... et je vais me retrouver en fin de contrat, à nouveau à me chercher une nouvelle affectation.

Et que se passe-t'il dans ce cas lorsque l'on est un marin? Et bien on se rend au Rattekot... au "trou à rats" comme on appelait le lieu d'enrôlement de l'Italielei à Anvers, à cette époque encore entouré des fameux cafés de marins (zeemanskroegen) des noms de "Dikke Mit", "Vuil Emma", "Den Bleu Tax" et du "Viking", sur le coin.
Les matelots se retrouvaient dans ces cafés les jours d'enrôlement... et comme il fallait souvent patienter plusieurs jours avant d'enrôler, ces cafés ont dû faire leur beurre avec eux.

Dikke Mit ouvrait très tôt chaque matin. Tout le monde se connaissait, et Dikke Mit les connaissait tous: elle écoutait toutes les conversations, et on prétendait qu'elle aurait pu gréer un mât de charge plus rapidement que le meilleur des boscos!

Chez Dikke Mit, fallait pas essayer de partir sans payer... le lendemain elle vous accueillait avec un retentissant : "Hé zeg! Gisteren, wat vergeten zeker!"
On rencontrait peu d'officiers dans ces cafés soi-disant "mal famés"... moi je m'y plaisais bien, en compagnie de quelques officiers-pirates de mon acabit.

Au Rattekot, comme officier, on était reçu par le commandant Demulder, un bon gars, sympa.
Lorsqu'il était temps de signer le rôle d'équipage, Demulder savait où trouver les absents... il avait vite fait d'envoyer quelqu'un dans les cafés du quartier.

Et donc, en ce mois d'octobre 1979, le commandant Demulder me propose de partir sur un navire qui vient d'être construit, le Balder Antwerpen, un general cargo de 9000 tonnes, longueur de 141 mètres, 9,35m de tirant d'eau.
Une fameuse histoire que ces deux navires Balder!
Le Balder Antwerpen un general-cargo construit sur le modèle des Liberty ships de la seconde guerre.
En fait le chantier naval Cockerill, qui était à bout de souffle, au bord de la faillite, à rassemblé tout ce qui traînait encore dans ses entrepôts et a construit deux derniers navires faciles à construire , le Balder Antwerpen et le Balder Gent, avant de fermer définitivement ses portes.
Pour la coque, il paraît qu'ils avaient même utilisé des tôles de différente épaisseur, et dans la machine les 4 génératrices étaient différentes...apparemment la construction était catastrophique!
Je ne sais pourquoi, prémonition de la rapide faillite de cet armement sans doute, mais je refuserai de partir sur le navire....

Bon week-end! Et une photo des navires de la RMT en port et de la Zeemanhuis d'Anvers ...

Souvenirs de la famille Quarante à Florennes
Souvenirs de la famille Quarante à Florennes
Souvenirs de la famille Quarante à Florennes

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